Un dégât des eaux peut transformer un logement sain en espace humide, glissant, malodorant et parfois dangereux en quelques minutes. Une fuite de canalisation, un chauffe-eau percé, une infiltration par la toiture, une machine à laver qui déborde ou une remontée d’eau peuvent toucher les sols de manière très différente selon le volume d’eau, la durée d’exposition et le type de revêtement. Nettoyer les sols après un dégât des eaux ne consiste donc pas seulement à passer une serpillière. Il faut d’abord sécuriser les lieux, évacuer l’eau, identifier les matériaux touchés, sécher correctement, désinfecter si nécessaire, prévenir les moisissures et vérifier que le sol peut être conservé sans risque.
Le bon nettoyage dépend aussi de la nature de l’eau. Une eau claire provenant d’un réseau d’alimentation propre n’entraîne pas les mêmes précautions qu’une eau grise issue d’un lave-linge, d’un lave-vaisselle ou d’une douche. Une eau noire, contenant potentiellement des bactéries, des boues, des eaux usées ou des résidus d’égout, exige une intervention beaucoup plus rigoureuse. Dans ce cas, le simple nettoyage domestique est rarement suffisant, surtout si l’eau a stagné ou pénétré dans les joints, les plinthes, les sous-couches, les isolants ou les revêtements poreux.
Après un dégât des eaux, il faut agir vite, mais pas dans la précipitation. Plus l’humidité reste longtemps dans les sols, plus les risques augmentent : gonflement du parquet, décollement d’un sol stratifié, auréoles sous un vinyle, moisissures sous une moquette, odeurs persistantes, déformation des plinthes, fragilisation d’un plancher bois, taches sur carrelage poreux ou apparition de salpêtre sur certains supports minéraux. Un sol peut sembler propre en surface tout en restant humide en profondeur. C’est pourquoi le nettoyage doit toujours être associé à un séchage complet.
Les premières actions à mener avant de nettoyer
Avant de toucher au sol, il faut supprimer ou limiter la source du dégât des eaux. Couper l’arrivée d’eau est souvent la première mesure à prendre lorsqu’il s’agit d’une fuite interne. Si l’eau provient d’un appareil électroménager, il faut interrompre son fonctionnement et, si cela peut être fait sans danger, le débrancher. En présence d’eau au sol près de prises électriques, de multiprises, de câbles, d’un tableau électrique ou d’appareils branchés, la prudence est indispensable. Il ne faut jamais marcher dans une zone inondée si un risque électrique existe. Dans le doute, il est préférable de couper l’électricité au disjoncteur général avant toute intervention.
Une fois la zone sécurisée, il faut protéger les personnes. Les sols mouillés sont glissants, surtout lorsqu’ils sont recouverts de détergent, de boue, de résidus gras ou de poussières détrempées. Des chaussures antidérapantes, des gants ménagers épais et, en cas d’eau sale, un masque et des lunettes peuvent être nécessaires. Les enfants, les animaux et les personnes fragiles doivent être éloignés de la zone touchée.
Il est ensuite important de documenter les dégâts avant de nettoyer complètement, notamment si une déclaration d’assurance doit être faite. Prendre des photos et des vidéos permet de garder une trace du niveau d’eau, des pièces touchées, des revêtements abîmés, des meubles en contact avec l’eau et des éventuelles infiltrations visibles. Il ne s’agit pas de retarder le nettoyage, mais de conserver des preuves utiles avant de déplacer les objets et d’assécher les sols.
Les meubles, cartons, tapis, objets décoratifs et textiles posés au sol doivent être retirés rapidement. Plus un meuble reste en contact avec l’eau, plus il risque de transférer des taches, de gonfler, de moisir ou de retenir l’humidité. Les tapis et paillassons doivent être sortis de la pièce, essorés si possible, puis nettoyés ou confiés à un professionnel selon leur matière. Les cartons humides sont à évacuer, car ils se désagrègent vite et favorisent les mauvaises odeurs.
Identifier le type d’eau avant de nettoyer les sols
La première grande distinction à faire concerne l’origine de l’eau. Une eau propre, aussi appelée eau claire, provient généralement d’une canalisation d’alimentation, d’un robinet, d’un ballon d’eau chaude ou d’une fuite d’eau de pluie récente ne contenant pas de contamination évidente. Elle peut abîmer les sols par humidité, mais elle est moins risquée sur le plan sanitaire si elle est traitée rapidement.
L’eau grise est plus problématique. Elle peut venir d’une machine à laver, d’un lave-vaisselle, d’une baignoire, d’une douche, d’un évier ou d’un lavabo. Elle peut contenir des résidus de savon, de graisse, de lessive, de salissures corporelles ou alimentaires. Dans ce cas, il ne suffit pas d’absorber l’eau. Un nettoyage détergent et un rinçage sont nécessaires, et une désinfection peut être utile, surtout si l’eau a stagné.
L’eau noire est la plus dangereuse. Elle peut provenir d’un refoulement d’égout, de toilettes, d’une inondation extérieure chargée de boues, d’une remontée d’eaux usées ou d’une eau ayant traversé des zones contaminées. Elle peut transporter des bactéries, des virus, des parasites, des hydrocarbures, des produits chimiques ou des matières organiques en décomposition. Si les sols ont été touchés par ce type d’eau, il faut éviter le contact direct, porter des équipements de protection et faire appel à une entreprise spécialisée lorsque la surface est importante ou lorsque des matériaux poreux sont atteints.
Cette classification est essentielle, car elle détermine ce qui peut être nettoyé, ce qui doit être désinfecté et ce qui doit être remplacé. Un carrelage bien posé peut souvent être nettoyé après une exposition brève à de l’eau propre. Une moquette touchée par des eaux usées doit généralement être déposée. Un parquet massif légèrement mouillé peut parfois être sauvé avec un séchage adapté. Un stratifié imbibé d’eau stagnante est souvent irrécupérable, car son cœur en fibres gonfle et se déforme.
Évacuer l’eau rapidement et efficacement
L’évacuation de l’eau est l’étape la plus urgente après la sécurisation des lieux. Pour une petite quantité d’eau, des serpillières, des serviettes absorbantes, une raclette et un seau peuvent suffire. Il faut pousser l’eau vers un point d’évacuation, absorber les flaques restantes, puis renouveler l’opération jusqu’à ce que le sol ne présente plus d’eau visible.
Pour une quantité d’eau plus importante, un aspirateur à eau est beaucoup plus efficace qu’une serpillière. Il permet d’extraire l’eau rapidement, notamment dans les joints de carrelage, les creux du sol, les angles et certaines zones difficiles d’accès. Il ne faut jamais utiliser un aspirateur classique pour aspirer de l’eau, car cela peut provoquer un choc électrique et endommager l’appareil.
Dans les pièces légèrement inondées, la raclette de sol est très utile. Elle permet de regrouper l’eau et de limiter sa migration vers d’autres pièces. Il faut toutefois éviter de pousser l’eau sous les plinthes, sous les meubles fixes, vers les seuils de porte ou vers les cloisons. L’objectif est d’extraire l’eau, pas de la déplacer dans des zones plus difficiles à sécher.
Les seuils, plinthes, bas de portes et pieds de meubles doivent être traités rapidement. L’eau peut s’infiltrer dans les petits interstices et rester piégée. Lorsque cela est possible, il faut éponger les angles avec des chiffons secs, passer une raclette souple au ras des plinthes et utiliser un aspirateur à eau dans les zones où l’humidité s’accumule.
Aérer et organiser le séchage de la pièce
Une fois l’eau visible retirée, le sol reste souvent humide. L’aération est donc indispensable. Ouvrir les fenêtres permet d’évacuer une partie de l’humidité, surtout lorsque l’air extérieur est plus sec que l’air intérieur. Cependant, l’aération seule ne suffit pas toujours, notamment en hiver, par temps pluvieux ou dans les pièces peu ventilées.
Un ventilateur peut accélérer le séchage en faisant circuler l’air au niveau du sol. Il ne sèche pas l’eau à lui seul, mais il favorise l’évaporation. Il faut le placer de manière à balayer la surface touchée sans projeter de poussières contaminées, surtout si l’eau était sale. Pour les surfaces importantes, plusieurs ventilateurs peuvent être utilisés.
Le déshumidificateur est l’un des outils les plus efficaces après un dégât des eaux. Il extrait l’humidité de l’air, ce qui permet au sol de relâcher progressivement l’eau qu’il contient. Il est particulièrement utile pour les parquets, les sols stratifiés, les sous-couches, les pièces fermées, les caves, les buanderies et les logements mal ventilés. Il faut vider régulièrement le réservoir ou raccorder l’appareil à une évacuation si cette option existe.
Le chauffage peut aider, mais il doit être utilisé avec prudence. Chauffer brutalement un parquet humide peut provoquer des déformations, des retraits, des fissures ou des tensions entre les lames. Mieux vaut privilégier une chaleur modérée et régulière, associée à une ventilation et à une déshumidification. L’objectif n’est pas de faire sécher en surface uniquement, mais d’éliminer l’humidité de façon progressive.
Nettoyer un carrelage après un dégât des eaux
Le carrelage est souvent le revêtement le plus facile à nettoyer après un dégât des eaux, surtout lorsqu’il est posé sur une dalle stable et que les joints sont en bon état. Sa surface dure et peu absorbante résiste mieux à l’eau que le parquet, la moquette ou le stratifié. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il faut négliger le nettoyage. L’eau peut rester dans les joints, sous les plinthes, dans les microfissures ou sous les carreaux si la pose est ancienne ou dégradée.
Après avoir retiré l’eau visible, il faut laver le carrelage avec une solution d’eau tiède et de détergent doux. Un balai-brosse peut être utilisé pour décoller les saletés, surtout si l’eau a transporté des poussières, des boues ou des résidus. Les joints doivent être frottés avec soin, car ils sont plus poreux que les carreaux. Une brosse à poils moyens permet de nettoyer sans les détériorer.
Après le lavage, un rinçage à l’eau claire est important pour retirer les résidus de détergent. Les produits laissés sur le sol peuvent rendre la surface collante, attirer la poussière ou laisser des traces. Il faut ensuite sécher avec une serpillière propre et sèche, puis laisser la pièce ventilée.
Si l’eau était grise ou si une odeur apparaît, une désinfection peut être nécessaire. Il faut choisir un produit compatible avec le carrelage et respecter les consignes du fabricant. La désinfection doit toujours être précédée d’un nettoyage, car un désinfectant est moins efficace sur une surface sale. Sur les pierres naturelles comme le marbre, le travertin, la pierre calcaire ou certaines terres cuites, il faut éviter les produits acides, la javel concentrée et les nettoyants agressifs. Ces matériaux peuvent être tachés ou attaqués par des produits inadaptés.
Il faut également surveiller les signes d’infiltration sous carrelage. Un carreau qui sonne creux, un joint qui se fissure, une remontée d’odeur persistante ou une humidité qui revient malgré le séchage peuvent indiquer que l’eau s’est infiltrée sous le revêtement. Dans ce cas, un diagnostic plus poussé peut être nécessaire.
Nettoyer un parquet massif après un dégât des eaux
Le parquet massif peut parfois être récupéré après un dégât des eaux, mais il demande une attention particulière. Le bois est un matériau vivant, sensible à l’humidité. Il absorbe l’eau, gonfle, se déforme et peut se tacher. La rapidité d’intervention est donc déterminante.
Il faut commencer par retirer toute l’eau en surface avec des chiffons absorbants, une serpillière bien essorée ou un aspirateur à eau si le volume est important. Il ne faut pas détremper davantage le bois pendant le nettoyage. L’usage de grandes quantités d’eau est à éviter. Le lavage doit être limité, contrôlé et suivi d’un séchage immédiat.
Si l’eau était propre et présente depuis peu, il est possible de nettoyer le parquet avec un chiffon légèrement humide et un savon adapté au bois. Le chiffon doit être très bien essoré. Ensuite, il faut sécher immédiatement avec un chiffon sec. Les zones entre les lames doivent être particulièrement surveillées, car l’eau s’y infiltre facilement.
Le séchage d’un parquet ne doit pas être brutal. Il faut ventiler, déshumidifier et maintenir une température stable. Une chaleur excessive peut provoquer des fissures ou accentuer les déformations. Si les lames commencent à gondoler, à se soulever ou à former des tuiles, il faut éviter de poncer immédiatement. Le bois doit d’abord retrouver un taux d’humidité stable. Un ponçage trop précoce peut aggraver les défauts lorsque le parquet se rétracte ensuite.
Il est conseillé de retirer les tapis, les meubles fermés au sol et tout objet empêchant l’air de circuler. Les plinthes peuvent retenir l’humidité. Si elles sont gonflées, décollées ou tachées, elles peuvent devoir être déposées pour permettre un séchage correct des bords.
Si l’eau était sale, si le parquet sent mauvais ou si des moisissures apparaissent, l’intervention devient plus complexe. Le bois peut retenir les contaminants. Dans certains cas, un nettoyage de surface ne suffit pas, surtout si l’eau a pénétré en profondeur. Un professionnel peut mesurer l’humidité, évaluer l’état des lames et déterminer si une rénovation est possible.
Nettoyer un parquet contrecollé après un dégât des eaux
Le parquet contrecollé est constitué de plusieurs couches. Sa couche supérieure est en bois noble, mais les couches inférieures peuvent réagir fortement à l’humidité. Après un dégât des eaux, il peut se déformer, se décoller, se bomber ou présenter des soulèvements. La méthode de nettoyage doit donc être douce et rapide.
Comme pour un parquet massif, il faut absorber l’eau sans ajouter d’humidité. Une serpillière très essorée, des serviettes sèches et un aspirateur à eau peuvent être utilisés selon la quantité d’eau. Le nettoyage doit se faire avec un produit compatible parquet, jamais avec un excès d’eau. Les nettoyants vapeur sont à proscrire après un dégât des eaux, car ils ajoutent de la chaleur et de l’humidité dans un matériau déjà fragilisé.
Le séchage doit être progressif. Un déshumidificateur peut aider à stabiliser la pièce. Il faut éviter les chocs thermiques et surveiller l’évolution pendant plusieurs jours. Un parquet contrecollé peut sembler normal juste après l’incident, puis se déformer plus tard lorsque l’humidité migre entre les couches.
Si les lames se décollent, si elles se relèvent ou si un bruit de craquement inhabituel apparaît, il faut faire vérifier le support. L’eau peut avoir atteint la sous-couche ou la colle. Dans ce cas, le revêtement peut être compromis même si la surface semble propre.
Nettoyer un sol stratifié après un dégât des eaux
Le sol stratifié est très vulnérable à l’eau, surtout au niveau des joints entre les lames. Son cœur est généralement composé de fibres de bois compressées, qui gonflent lorsqu’elles absorbent l’humidité. Une exposition courte à une petite quantité d’eau peut être maîtrisée, mais une inondation ou une stagnation prolongée entraîne souvent des dommages irréversibles.
La première étape consiste à enlever l’eau immédiatement. Il faut sécher les joints, les bords et les zones près des plinthes. Les chiffons absorbants doivent être changés régulièrement pour éviter de simplement déplacer l’humidité. Un aspirateur à eau peut être utile si l’eau est abondante.
Le nettoyage doit être très limité. Il ne faut pas laver le stratifié à grande eau. Une microfibre légèrement humide avec un nettoyant doux suffit pour retirer les salissures. Il faut ensuite passer une microfibre sèche. L’objectif est de nettoyer la surface sans faire pénétrer d’eau dans les assemblages.
Les signes de dégradation sont faciles à repérer : bords relevés, joints gonflés, lames bombées, surface qui gondole, sensation de creux sous le pied ou plinthes déformées. Si ces symptômes apparaissent, le nettoyage ne suffira pas à restaurer le sol. Les lames touchées devront probablement être remplacées.
Le stratifié posé sur une sous-couche absorbante peut retenir l’eau en dessous. Même si la surface sèche rapidement, l’humidité peut rester piégée et favoriser les moisissures. Si une odeur de moisi apparaît ou si le sol reste froid et humide, il faut envisager une dépose partielle pour contrôler la sous-couche.
Nettoyer un sol vinyle ou PVC après un dégât des eaux
Les sols vinyles et PVC résistent généralement bien à l’eau en surface. Ils sont souvent utilisés dans les cuisines, salles de bain, buanderies ou pièces à fort passage. Toutefois, leur comportement dépend du type de pose. Un sol PVC en rouleau bien collé peut être assez étanche en surface, tandis que des lames vinyles clipsées peuvent laisser passer l’eau entre les joints. Un vinyle mal collé ou ancien peut se décoller après une infiltration.
Après avoir retiré l’eau, il faut nettoyer la surface avec une solution d’eau tiède et de détergent doux. Une serpillière essorée ou une microfibre convient. Les produits abrasifs, solvants forts et éponges agressives sont à éviter, car ils peuvent ternir ou rayer la surface. Après lavage, il faut rincer légèrement puis sécher.
Les bords du revêtement, les seuils, les découpes autour des meubles et les zones près des plinthes doivent être inspectés. L’eau peut passer sous le revêtement et rester piégée. Si des bulles apparaissent, si le sol fait un bruit de succion, si des taches sombres se forment ou si une odeur persiste, il peut y avoir de l’humidité sous le vinyle.
Les lames PVC clipsées peuvent parfois être déposées, séchées et reposées si elles ne sont pas déformées. Cela permet aussi de sécher la sous-couche. En revanche, si l’eau est sale ou contaminée, la sous-couche doit souvent être remplacée.
Nettoyer une moquette après un dégât des eaux
La moquette est l’un des revêtements les plus difficiles à sauver après un dégât des eaux. Elle absorbe l’eau, retient les saletés, sèche lentement et peut devenir un terrain favorable aux moisissures. Le traitement dépend de la quantité d’eau, de sa propreté, du temps d’exposition, de la matière de la moquette et de l’état de la sous-couche.
Pour une petite quantité d’eau propre traitée immédiatement, il faut absorber le maximum d’humidité avec des serviettes propres, puis utiliser un aspirateur à eau si possible. Ensuite, il faut ventiler fortement et utiliser un déshumidificateur. La moquette doit sécher non seulement en surface, mais aussi en profondeur. Marcher dessus pendant le séchage peut repousser l’humidité dans les fibres et ralentir l’évaporation.
Un nettoyage par injection-extraction peut être nécessaire. Cette méthode injecte une solution nettoyante puis l’aspire avec les saletés et l’humidité. Elle est plus efficace qu’un simple shampooing manuel. Cependant, elle doit être utilisée avec prudence après un dégât des eaux, car ajouter trop d’eau peut aggraver la situation si l’extraction n’est pas suffisante.
Si l’eau était grise, la moquette peut être difficile à assainir correctement. Si l’eau était noire, si elle a stagné, si la sous-couche est détrempée ou si une odeur apparaît, il est souvent préférable de déposer la moquette. La sous-couche absorbe beaucoup d’humidité et peut rester contaminée même si la surface semble propre.
Les moisissures peuvent apparaître en 24 à 48 heures dans des conditions favorables. Une moquette humide doit donc être traitée très rapidement. Si des taches noires, vertes ou grises apparaissent, ou si une odeur de terre, de cave ou de moisi se développe, il ne faut pas se contenter de parfumer la pièce. Il faut identifier et éliminer la source d’humidité.
Nettoyer un sol en béton après un dégât des eaux
Le béton est solide, mais il est poreux. Après un dégât des eaux, il peut absorber l’humidité, retenir des odeurs et laisser apparaître des traces. Dans une cave, un garage, un sous-sol ou une pièce technique, le béton peut aussi être en contact avec des eaux chargées de boues ou de contaminants.
La première étape consiste à évacuer l’eau avec une raclette, un aspirateur à eau ou une pompe si nécessaire. Ensuite, le sol doit être balayé ou brossé pour retirer les boues, les poussières et les débris. Un lavage avec un détergent adapté permet d’éliminer les salissures. Une brosse dure peut être utilisée sur un béton brut.
Après le nettoyage, il faut rincer puis extraire l’eau de rinçage. Laisser de l’eau sale sécher sur le béton peut créer des traces et des odeurs. Si l’eau était contaminée, une désinfection est nécessaire. Le produit doit être choisi selon l’usage de la pièce et les recommandations du fabricant.
Le séchage du béton peut être long. Même si la surface semble sèche, l’humidité peut rester dans la dalle. Une ventilation continue et un déshumidificateur sont utiles. Dans les caves et sous-sols, il faut aussi vérifier que le problème ne vient pas d’une remontée capillaire, d’une infiltration latérale ou d’un drainage insuffisant.
Nettoyer une pierre naturelle après un dégât des eaux
Les sols en pierre naturelle demandent des précautions particulières. Le marbre, le travertin, la pierre calcaire, l’ardoise, le granit ou la terre cuite ne réagissent pas tous de la même manière. Certains matériaux sont poreux et sensibles aux produits acides. D’autres peuvent se tacher si l’eau contient des tanins, de la rouille, des boues ou des produits ménagers.
Il faut d’abord retirer l’eau et les saletés sans frotter avec un abrasif agressif. Un balai microfibre, une serpillière propre et de l’eau tiède avec un savon doux au pH neutre sont généralement préférables. Le vinaigre, le citron, les anticalcaires et les produits acides sont à éviter sur les pierres calcaires, car ils peuvent les attaquer.
Les joints doivent être nettoyés avec une brosse souple ou moyenne. Une pierre poreuse peut nécessiter plusieurs passages de séchage. Il faut éviter de laisser l’eau stagner, surtout sur les pierres non traitées. Après nettoyage, il faut sécher avec des chiffons propres et aérer.
Si des taches persistent, il ne faut pas multiplier les produits au hasard. Une tache de rouille, une auréole organique ou une trace de tanin ne se traite pas de la même façon. Un traitement inadapté peut fixer la tache ou abîmer la pierre. Pour les sols de valeur, il est préférable de demander conseil à un spécialiste.
Nettoyer les joints, plinthes et angles après un dégât des eaux
Les joints, plinthes et angles sont souvent négligés, alors qu’ils concentrent l’humidité. Dans un dégât des eaux, l’eau ne reste pas seulement au centre de la pièce. Elle migre vers les bords, passe sous les plinthes, s’infiltre dans les fissures et stagne dans les recoins.
Les joints de carrelage doivent être brossés, rincés et séchés. S’ils sont poreux ou fissurés, ils peuvent retenir l’eau et les saletés. Après séchage complet, il peut être nécessaire de refaire certains joints ou d’appliquer une protection hydrofuge compatible.
Les plinthes en bois ou en MDF sont particulièrement sensibles. Elles peuvent gonfler, se décoller ou développer des moisissures au dos. Si elles ont été fortement mouillées, il peut être utile de les déposer pour vérifier l’état du mur et du sol derrière. Une plinthe qui semble sèche en façade peut cacher une humidité persistante.
Les angles doivent être nettoyés avec des chiffons, une petite brosse ou un embout d’aspirateur à eau. Il faut retirer la poussière humide, les fibres, les boues et les résidus. Une fois propres, ces zones doivent rester ventilées. Les meubles ne doivent pas être replacés trop vite contre les murs, car cela peut bloquer l’évaporation.
Désinfecter les sols après un dégât des eaux
La désinfection n’est pas toujours nécessaire, mais elle devient importante lorsque l’eau est sale, lorsqu’elle provient d’un appareil d’évacuation, lorsqu’elle a stagné ou lorsqu’une odeur suspecte apparaît. Il faut toutefois respecter une règle essentielle : on ne désinfecte efficacement qu’une surface déjà nettoyée. La saleté, les boues et les matières organiques réduisent l’efficacité des désinfectants.
Le nettoyage doit donc précéder la désinfection. Il faut retirer les débris, laver avec un détergent, rincer si nécessaire, puis appliquer le désinfectant selon le temps de contact indiqué. Beaucoup de personnes appliquent un produit puis l’essuient immédiatement. Cela limite son efficacité. Un désinfectant a généralement besoin de rester humide sur la surface pendant un certain temps.
Le choix du désinfectant dépend du sol. Certains produits peuvent abîmer le bois, ternir le vinyle, attaquer la pierre naturelle ou décolorer les joints. Il faut toujours vérifier la compatibilité avec le revêtement. Sur les sols fragiles, un essai dans une zone discrète est recommandé.
La javel est souvent utilisée, mais elle doit être manipulée avec prudence. Elle ne doit jamais être mélangée avec du vinaigre, de l’ammoniaque, un anticalcaire ou d’autres produits ménagers, car des vapeurs toxiques peuvent se former. Elle doit être diluée correctement et utilisée dans une pièce ventilée. Elle n’est pas adaptée à tous les matériaux.
Après désinfection, il faut laisser sécher complètement. Une désinfection suivie d’un séchage insuffisant ne résout pas le problème principal : l’humidité. Or l’humidité persistante favorise les moisissures et les mauvaises odeurs.
Éliminer les mauvaises odeurs après un dégât des eaux
Les odeurs après un dégât des eaux peuvent venir de plusieurs sources : eau stagnante, matériaux humides, sous-couches imbibées, moisissures, bactéries, boues, produits ménagers mal rincés ou objets mouillés restés dans la pièce. Masquer l’odeur avec un parfum d’ambiance ne règle pas le problème.
La première solution est toujours le nettoyage et le séchage. Il faut retirer tout ce qui retient l’humidité : tapis, cartons, textiles, meubles en aggloméré gonflés, sous-couches détrempées ou plinthes abîmées. Ensuite, il faut ventiler et déshumidifier. Une pièce qui sent le moisi reste souvent trop humide quelque part.
Sur les sols lavables, un nettoyage avec un détergent doux suivi d’un rinçage peut éliminer les résidus responsables des odeurs. Si l’eau était grise ou noire, une désinfection peut être nécessaire. Sur carrelage, béton ou certains sols PVC, les odeurs peuvent aussi venir des joints ou des bords.
Le bicarbonate peut aider à absorber certaines odeurs sur des surfaces sèches, mais il ne doit pas être considéré comme une solution miracle. Il ne remplace pas le séchage, la désinfection ou la dépose d’un matériau contaminé. Sur moquette, il peut être utilisé après séchage complet, puis aspiré soigneusement, mais seulement si la moquette est récupérable.
Si une odeur revient malgré plusieurs nettoyages, il faut suspecter une humidité cachée. Elle peut se trouver sous un revêtement, derrière une plinthe, dans une sous-couche ou dans un mur. Dans ce cas, le nettoyage de surface ne suffira pas.
Prévenir l’apparition des moisissures
Les moisissures sont l’un des principaux risques après un dégât des eaux. Elles se développent lorsque l’humidité persiste, surtout dans les zones mal ventilées. Elles peuvent apparaître sur les plinthes, sous les revêtements, dans les joints, sur les murs bas, sous les tapis, dans les angles et derrière les meubles.
Pour les prévenir, il faut agir vite. Évacuer l’eau, nettoyer les saletés, sécher la pièce et maintenir une bonne ventilation sont les gestes les plus importants. Un déshumidificateur peut être nécessaire pendant plusieurs jours. Il faut surveiller le taux d’humidité si possible. Un hygromètre permet de vérifier si l’air reste trop humide.
Les meubles ne doivent pas être replacés immédiatement contre les murs ou sur les zones touchées. Il vaut mieux laisser circuler l’air pendant plusieurs jours. Les tapis doivent être reposés uniquement lorsque le sol est parfaitement sec. Un tapis posé trop tôt peut emprisonner l’humidité et favoriser les moisissures.
Les moisissures visibles doivent être traitées avec précaution. Sur une petite surface non poreuse, un nettoyage adapté peut suffire. Sur un matériau poreux comme une moquette, une sous-couche, un bois très atteint ou un panneau aggloméré, le remplacement peut être nécessaire. Il ne faut pas gratter à sec des moisissures importantes, car cela peut disperser des spores dans l’air.
Vérifier si le sol est vraiment sec
Un sol sec au toucher n’est pas forcément sec en profondeur. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes après un dégât des eaux. Les surfaces peuvent sécher rapidement, tandis que l’humidité reste piégée sous le revêtement, dans les joints, dans les sous-couches ou dans le support.
Plusieurs signes peuvent indiquer une humidité persistante : sensation de froid localisée, odeur de moisi, traces sombres, joints qui restent foncés, parquet qui bouge, sol stratifié qui gonfle, vinyle qui cloque, plinthe qui se déforme, peinture qui s’écaille au bas des murs ou apparition de salpêtre.
Un hygromètre mesure l’humidité de l’air, mais pas celle du sol. Pour un diagnostic plus précis, un professionnel peut utiliser un humidimètre ou une caméra thermique selon la situation. Ces outils permettent de repérer des zones humides invisibles.
Il faut être patient. Le séchage d’un sol peut prendre plusieurs jours, voire plus longtemps selon le matériau, l’épaisseur du support, la ventilation et la quantité d’eau absorbée. Remettre un meuble lourd, un tapis ou un revêtement trop vite peut ralentir le séchage et aggraver les dégâts.
Quand faut-il faire appel à un professionnel ?
Un nettoyage domestique peut suffire pour une petite fuite d’eau propre traitée immédiatement sur un sol résistant. En revanche, certaines situations nécessitent une intervention professionnelle. C’est le cas lorsque l’eau est contaminée, lorsqu’elle provient d’eaux usées, lorsqu’elle a stagné longtemps, lorsqu’une grande surface est touchée ou lorsque l’eau a pénétré sous les revêtements.
Il faut aussi demander de l’aide si le sol se déforme, si une odeur persiste, si des moisissures apparaissent, si les plinthes gonflent, si le parquet se soulève ou si l’humidité revient après séchage apparent. Un professionnel peut évaluer ce qui doit être conservé, nettoyé, désinfecté, séché ou remplacé.
Les entreprises spécialisées disposent d’aspirateurs à eau puissants, de déshumidificateurs professionnels, de ventilateurs de séchage, d’humidimètres et parfois de systèmes de séchage sous revêtement. Elles peuvent aussi intervenir sur les zones difficiles, comme les sous-couches, les doublages, les caves ou les planchers bois.
Dans un contexte d’assurance, un professionnel peut fournir des constats, rapports ou factures utiles. Cela permet de justifier les travaux nécessaires et d’éviter des réparations insuffisantes.
Les erreurs à éviter après un dégât des eaux
La première erreur consiste à attendre. Chaque heure compte, surtout pour le bois, les stratifiés, les moquettes et les sous-couches. Plus l’eau reste longtemps, plus elle pénètre dans les matériaux et plus les dégâts deviennent difficiles à réparer.
La deuxième erreur est de laver à grande eau un sol déjà humide. Beaucoup de personnes veulent nettoyer énergiquement et ajoutent trop d’eau. Sur carrelage, cela peut être gérable si l’eau est bien extraite. Sur parquet, stratifié ou moquette, cela peut aggraver les dégâts.
La troisième erreur est de croire qu’un sol propre est forcément sain. Après une eau grise ou noire, les contaminants peuvent rester dans les joints, fibres ou supports. Le nettoyage visuel ne suffit pas toujours.
La quatrième erreur est de replacer les meubles trop vite. Les meubles bloquent l’air, retiennent l’humidité et peuvent tacher les sols. Il faut attendre le séchage complet avant de remettre tapis, meubles lourds et objets au sol.
La cinquième erreur est d’utiliser des produits incompatibles. Vinaigre sur pierre calcaire, vapeur sur parquet humide, javel concentrée sur certains joints ou solvants sur vinyle peuvent causer des dégâts supplémentaires.
La sixième erreur est de négliger les plinthes et les dessous de revêtements. Beaucoup de problèmes viennent de l’humidité cachée. Un sol peut sembler récupéré, puis développer des odeurs ou moisissures plusieurs semaines plus tard.
Méthode générale de nettoyage étape par étape
La méthode la plus sûre consiste à avancer dans un ordre logique. Il faut d’abord sécuriser, puis évacuer l’eau, trier les objets, nettoyer, sécher, contrôler et seulement ensuite remettre la pièce en état.
Commencez par couper la source d’eau. Si l’origine n’est pas identifiée, limitez les dégâts en fermant l’arrivée principale. Vérifiez ensuite le risque électrique. Si l’eau atteint des prises ou appareils branchés, coupez le courant avant d’entrer dans la zone.
Protégez-vous avec des gants et des chaussures adaptées. Retirez les meubles mobiles, tapis, cartons et textiles. Placez les objets mouillés dans une zone ventilée ou à l’extérieur si possible. Jetez les matériaux irrécupérables, surtout s’ils sont contaminés.
Évacuez l’eau visible avec une raclette, des serpillières, des serviettes ou un aspirateur à eau. Travaillez du fond de la pièce vers la sortie. Insistez sur les angles, les seuils et les bas de murs.
Nettoyez le sol selon son matériau. Utilisez un détergent doux compatible. Ne surchargez pas le sol en eau. Rincez si nécessaire, puis séchez avec des chiffons propres. Si l’eau était sale, désinfectez après nettoyage.
Installez une ventilation. Ouvrez les fenêtres lorsque les conditions le permettent. Utilisez un ventilateur pour faire circuler l’air et un déshumidificateur pour extraire l’humidité. Laissez les portes intérieures ouvertes si cela aide l’air à circuler, sauf si vous devez isoler une zone contaminée.
Surveillez pendant plusieurs jours. Recherchez les odeurs, les gonflements, les taches, les joints foncés, les cloques ou les zones froides. Si des signes persistent, faites contrôler l’humidité en profondeur.
Adapter le nettoyage selon la durée d’exposition à l’eau
Un dégât des eaux traité dans l’heure n’a pas les mêmes conséquences qu’une fuite découverte après un week-end d’absence. La durée d’exposition est un facteur déterminant. Une petite flaque sur carrelage pendant trente minutes peut être nettoyée sans difficulté. Une fuite lente sous un parquet pendant plusieurs jours peut nécessiter une dépose.
Si l’eau est restée moins de deux heures, les chances de récupération sont meilleures, surtout sur carrelage, PVC ou béton. Il faut tout de même sécher correctement les bords et les joints. Sur bois et stratifié, il faut agir vite pour limiter l’absorption.
Entre deux heures et vingt-quatre heures, le risque augmente. Les matériaux absorbants commencent à retenir l’humidité. Les plinthes, sous-couches et joints peuvent être atteints. Une ventilation simple peut ne pas suffire. Le déshumidificateur devient fortement recommandé.
Au-delà de vingt-quatre heures, les risques de moisissures, d’odeurs et de déformations deviennent plus importants. Les moquettes et sous-couches sont souvent compromises, surtout si l’eau n’était pas parfaitement propre. Les parquets et stratifiés doivent être surveillés avec attention.
Après plusieurs jours, il faut considérer que l’humidité a probablement migré. Le nettoyage de surface n’est qu’une partie du traitement. Un diagnostic d’humidité est recommandé, notamment si le logement est fermé, mal ventilé ou si l’eau a touché plusieurs pièces.
Nettoyer après une fuite de machine à laver ou de lave-vaisselle
Une fuite de machine à laver ou de lave-vaisselle contient souvent de l’eau chargée en lessive, graisses, résidus alimentaires ou saletés textiles. Même si l’eau semble claire, elle peut laisser un film glissant sur le sol. Il faut donc nettoyer avec soin.
Après avoir coupé l’appareil et l’arrivée d’eau, il faut absorber l’eau au sol. Les zones sous et derrière l’appareil doivent être vérifiées. Il est fréquent que l’eau s’accumule sous la machine, contre le mur ou sous les meubles de cuisine. Si l’appareil est encastré, il peut être nécessaire de le déplacer.
Le sol doit être lavé avec un détergent doux pour retirer les résidus. Sur carrelage ou PVC, un rinçage est important pour supprimer l’effet glissant. Sur parquet ou stratifié, il faut limiter l’eau et sécher immédiatement.
Les meubles bas de cuisine doivent être inspectés. Les plinthes de cuisine, souvent amovibles, peuvent cacher de l’eau stagnante. Il faut les retirer si possible, sécher dessous, puis ventiler. Les panneaux en aggloméré peuvent gonfler rapidement.
Si une odeur de lessive, d’eau croupie ou de moisi persiste, il faut vérifier les dessous de meubles et les sous-couches. L’eau d’un appareil peut parcourir plusieurs mètres sous un revêtement avant d’être visible.
Nettoyer après une infiltration de pluie
Une infiltration de pluie peut entrer par une toiture, une fenêtre, une porte, une terrasse, un balcon ou un mur extérieur. L’eau de pluie est parfois considérée comme relativement propre, mais elle peut se charger en poussières, mousses, particules de toiture, terre ou saletés en traversant les surfaces extérieures.
La première étape est de limiter l’entrée d’eau, si possible sans danger. Ensuite, il faut retirer l’eau au sol et déplacer les objets. Les zones proches des murs doivent être surveillées, car l’eau peut ruisseler derrière les plinthes ou pénétrer dans les doublages.
Le nettoyage dépend du revêtement. Un carrelage peut être lavé avec un détergent doux. Un parquet doit être séché rapidement. Une moquette touchée par une infiltration doit être extraite et ventilée sans attendre.
Il faut surtout traiter la cause. Nettoyer le sol sans réparer l’infiltration expose à une récidive. Une fenêtre mal étanche, une gouttière bouchée, une fissure, un joint extérieur dégradé ou une toiture endommagée peuvent provoquer des dégâts répétés. Tant que l’origine n’est pas corrigée, les sols restent vulnérables.
Nettoyer après un refoulement d’eaux usées
Un refoulement d’eaux usées est une situation à haut risque sanitaire. Il peut impliquer des bactéries, virus, matières organiques et odeurs fortes. Dans ce cas, il faut éviter tout contact direct avec l’eau. Les gants, bottes, masque et vêtements de protection sont nécessaires. Les enfants et animaux doivent être éloignés.
Les matériaux absorbants touchés doivent souvent être jetés : moquettes, sous-couches, tapis, cartons, certains bois agglomérés et textiles fortement contaminés. Les sols durs peuvent être nettoyés, mais ils doivent être lavés, rincés et désinfectés soigneusement.
Il faut évacuer l’eau avec un équipement adapté, puis retirer les boues et débris. Un détergent doit être utilisé avant toute désinfection. Les joints, angles, plinthes et bas de murs doivent être traités. Les serpillières, chiffons et équipements utilisés peuvent être contaminés et doivent être lavés à haute température ou jetés selon leur état.
Dans beaucoup de cas, une entreprise spécialisée est recommandée. Elle pourra nettoyer, désinfecter, désodoriser et sécher correctement les surfaces. Elle pourra aussi vérifier si l’eau a pénétré sous les revêtements.
Nettoyer les sols dans une cave ou un sous-sol inondé
Les caves et sous-sols présentent des contraintes particulières. Ils sont souvent moins ventilés, plus frais et plus humides que les pièces de vie. Après une inondation, le séchage y est donc plus lent. Les sols peuvent être en béton brut, carrelage, dalles, terre battue ou revêtements anciens.
Il faut d’abord vérifier la sécurité. L’électricité, les appareils, les chaudières, les pompes et les prises doivent être pris en compte. Une cave inondée peut aussi contenir des produits dangereux : solvants, peintures, carburants, pesticides, huiles ou produits d’entretien. Si ces produits se sont renversés dans l’eau, le nettoyage domestique devient risqué.
Après évacuation de l’eau, il faut retirer les objets mouillés. Les cartons stockés en cave se dégradent vite et favorisent les moisissures. Les meubles en bois ou aggloméré doivent être sortis si possible. Les objets récupérables doivent être nettoyés et séchés séparément.
Le sol doit être lavé avec un détergent adapté, puis rincé. Si l’eau est sale, une désinfection est nécessaire. Ensuite, la cave doit être ventilée durablement. Un déshumidificateur est souvent indispensable. Il faut éviter de refermer immédiatement la cave, car l’humidité peut rester piégée.
Nettoyer les sols sans les abîmer
Après un dégât des eaux, la tentation est forte d’utiliser des produits puissants pour retrouver rapidement un sol propre. Pourtant, un produit trop agressif peut créer de nouveaux dommages. Le bon produit est celui qui nettoie efficacement sans attaquer le revêtement.
Sur carrelage classique, un détergent neutre ou légèrement alcalin peut convenir. Sur pierre naturelle, il faut privilégier un pH neutre. Sur parquet, il faut utiliser un nettoyant bois adapté, en très faible quantité d’eau. Sur stratifié, une microfibre légèrement humide suffit souvent. Sur PVC, il faut éviter les solvants et abrasifs.
La vapeur est à éviter sur les sols fragilisés par l’eau. Elle peut faire pénétrer davantage d’humidité dans les joints, les lames ou les colles. Elle peut aussi décoller certains revêtements. Même sur carrelage, elle n’est pas toujours idéale si les joints sont dégradés ou si l’eau a déjà pénétré sous les carreaux.
Les produits parfumés peuvent donner une impression de propreté, mais ils ne règlent pas l’humidité. Il vaut mieux privilégier un nettoyage simple, un rinçage correct et un séchage complet.
Matériel utile pour nettoyer les sols après un dégât des eaux
Le matériel nécessaire dépend de l’ampleur du dégât. Pour une petite fuite, quelques serpillières, chiffons, gants, seau et raclette peuvent suffire. Pour un dégât plus important, il faut prévoir un aspirateur à eau, des sacs-poubelle résistants, un balai-brosse, des microfibres, un détergent adapté, un désinfectant compatible, un ventilateur et un déshumidificateur.
Les chiffons très absorbants sont pratiques pour les angles et les bas de murs. Les raclettes permettent de regrouper l’eau rapidement. Les brosses servent à nettoyer les joints, le béton ou les surfaces texturées. Les microfibres sont utiles pour les sols fragiles, car elles nettoient sans excès d’eau.
Un hygromètre peut aider à surveiller l’humidité de l’air. Même s’il ne mesure pas l’humidité du sol, il donne une indication sur les conditions de séchage. Si l’air reste très humide, le sol séchera mal.
Pour les grands volumes d’eau, la location d’un aspirateur à eau ou d’un déshumidificateur professionnel peut être utile. Cependant, si l’eau est contaminée ou si les matériaux sont très atteints, l’intervention d’une entreprise spécialisée reste préférable.
Tableau des bons gestes selon le type de sol
| Type de sol | Actions prioritaires | Nettoyage recommandé | Points de vigilance | Quand demander de l’aide |
|---|---|---|---|---|
| Carrelage | Retirer l’eau, laver les joints, sécher les angles | Détergent doux, rinçage, désinfection si eau sale | Joints poreux, carreaux descellés, humidité sous plinthes | Odeur persistante, joints fissurés, carreaux qui sonnent creux |
| Parquet massif | Absorber vite, ventiler, déshumidifier progressivement | Chiffon très essoré, produit spécial bois, séchage immédiat | Gonflement, tuilage, fissures, humidité entre lames | Lames soulevées, moisissures, eau restée plusieurs heures |
| Parquet contrecollé | Évacuer l’eau, éviter la chaleur forte, contrôler les lames | Nettoyage très modéré, microfibre humide, séchage doux | Décollement, déformation, humidité dans les couches | Bruits inhabituels, lames bombées, sous-couche humide |
| Sol stratifié | Sécher les joints immédiatement, limiter l’eau | Microfibre à peine humide, nettoyant doux, séchage rapide | Gonflement irréversible, bords relevés, sous-couche humide | Lames gondolées, odeur de moisi, eau infiltrée |
| Sol PVC ou vinyle | Retirer l’eau, inspecter les bords et les joints | Eau tiède, détergent doux, rinçage léger | Eau sous les lames, bulles, décollement | Cloques, odeur persistante, sous-couche touchée |
| Moquette | Extraire l’eau, ventiler fortement, déshumidifier | Aspirateur à eau, injection-extraction si récupérable | Sous-couche détrempée, moisissures, contamination | Eau sale, odeur, surface importante, séchage lent |
| Béton | Racler, aspirer, brosser, rincer | Détergent adapté, brosse dure, désinfection si besoin | Porosité, odeurs, humidité longue à partir | Cave inondée, produits polluants, remontées d’humidité |
| Pierre naturelle | Absorber, nettoyer doucement, sécher vite | Savon doux pH neutre, chiffon propre | Produits acides interdits, taches, porosité | Sol de valeur, taches persistantes, pierre fragile |
FAQ
Comment savoir si mon sol est encore humide après un dégât des eaux ?
Un sol peut être sec au toucher tout en restant humide en profondeur. Les signes à surveiller sont les odeurs de moisi, les joints foncés, les plinthes gonflées, les lames qui se soulèvent, les cloques sur un sol vinyle, les taches sombres ou une sensation de froid localisée. Pour un contrôle précis, un professionnel peut utiliser un humidimètre.
Puis-je utiliser un nettoyeur vapeur après un dégât des eaux ?
Il vaut mieux éviter le nettoyeur vapeur, surtout sur parquet, stratifié, vinyle clipsé, moquette ou joints fragiles. La vapeur ajoute de l’humidité et de la chaleur, ce qui peut aggraver les déformations ou favoriser les infiltrations. Après un dégât des eaux, il faut retirer l’humidité, pas en ajouter.
Faut-il désinfecter systématiquement le sol ?
Non, pas systématiquement. Si l’eau était propre, présente peu de temps et rapidement retirée, un nettoyage adapté et un bon séchage peuvent suffire. En revanche, si l’eau vient d’un lave-linge, d’un lave-vaisselle, d’une douche, de toilettes, d’un refoulement ou d’une inondation extérieure, une désinfection est recommandée après le nettoyage.
Combien de temps faut-il pour sécher un sol après un dégât des eaux ?
Le temps de séchage dépend du revêtement, du volume d’eau, de la durée d’exposition, de la ventilation et de l’humidité ambiante. Un carrelage peut sécher rapidement en surface, tandis qu’un parquet, une moquette, une sous-couche ou une dalle béton peuvent demander plusieurs jours. Le séchage complet doit être vérifié avant de replacer tapis et meubles.
Que faire si mon parquet gondole après un dégât des eaux ?
Il faut d’abord continuer le séchage de manière progressive avec ventilation et déshumidification. Il ne faut pas poncer immédiatement. Le bois doit retrouver un équilibre d’humidité avant toute réparation. Si les lames restent déformées, se soulèvent ou présentent des moisissures, il faut demander un avis professionnel.
Un sol stratifié peut-il être sauvé après une inondation ?
Cela dépend de la quantité d’eau et du temps d’exposition. Si l’eau a été retirée très vite et que les lames n’ont pas gonflé, le sol peut parfois être conservé. Si les joints se relèvent, si les lames gondolent ou si la sous-couche est humide, le remplacement partiel ou total est souvent nécessaire.
Comment enlever une odeur de moisi après un dégât des eaux ?
Il faut identifier la source de l’humidité. Nettoyer la surface ne suffit pas si l’eau est restée sous un revêtement, derrière une plinthe ou dans une sous-couche. Il faut sécher, ventiler, déshumidifier et retirer les matériaux irrécupérables. Si l’odeur persiste, un diagnostic d’humidité est recommandé.
Dois-je jeter une moquette mouillée ?
Pas toujours, mais la moquette est difficile à récupérer. Si elle a été mouillée par une petite quantité d’eau propre et traitée immédiatement, elle peut parfois être sauvée avec une extraction et un séchage rapide. Si l’eau était sale, si la sous-couche est trempée, si l’odeur persiste ou si des moisissures apparaissent, il est préférable de la remplacer.
Puis-je remettre mes meubles dès que le sol semble sec ?
Il vaut mieux attendre que le sol soit réellement sec. Les meubles bloquent la circulation de l’air et peuvent retenir l’humidité. Ils peuvent aussi laisser des traces ou favoriser les moisissures. Il est conseillé de patienter plusieurs jours selon le revêtement et les conditions de séchage.
Que faire si l’eau est passée sous les plinthes ?
Il faut sécher soigneusement les bords, ventiler et surveiller les plinthes. Si elles gonflent, se décollent, sentent le moisi ou présentent des taches, il peut être nécessaire de les retirer pour contrôler l’état du mur et du sol derrière. L’humidité cachée sous les plinthes est une cause fréquente d’odeurs persistantes.
Quel produit utiliser pour nettoyer un carrelage après un dégât des eaux ?
Un détergent doux dilué dans de l’eau tiède convient dans la plupart des cas. Il faut frotter les joints, rincer et sécher. Si l’eau était sale, une désinfection peut être ajoutée après le nettoyage. Sur pierre naturelle ou carrelage poreux, il faut choisir un produit compatible et éviter les acides.
Quand faut-il contacter son assurance ?
Il faut contacter son assurance rapidement après le dégât des eaux, surtout si les dommages sont importants ou si un voisin, une copropriété ou un appareil défectueux est impliqué. Avant de nettoyer complètement, il est utile de prendre des photos et vidéos des sols, meubles et zones touchées.
Est-ce grave si de l’eau reste sous un sol PVC ?
Oui, cela peut devenir problématique. L’eau piégée sous un sol PVC peut provoquer des odeurs, des moisissures, un décollement, des cloques ou une dégradation de la sous-couche. Si le sol fait un bruit de succion, si des bulles apparaissent ou si une odeur persiste, il faut vérifier ce qui se passe dessous.
Comment éviter les moisissures après le nettoyage ?
Il faut sécher rapidement et durablement. Utilisez une ventilation efficace, un déshumidificateur si nécessaire, retirez les textiles mouillés, ne replacez pas les tapis trop tôt et surveillez les angles, plinthes et zones sous meubles. Les moisissures apparaissent surtout lorsque l’humidité reste piégée.
Peut-on nettoyer soi-même après des eaux usées ?
Pour une très petite zone sur un sol dur, avec protection adaptée, un nettoyage suivi d’une désinfection peut être envisageable. Mais en cas de refoulement important, d’eau noire, de moquette touchée, de sous-couche imbibée ou d’odeur forte, il est préférable de faire appel à une entreprise spécialisée.